L’arbre sans racine

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Je suis comme une feuille jeune et verte 

Accrochée à mon arbre. 

Un jour, il ne me retiendra plus… 

J’aurai la couleur de l’or 

Je tapisserai les palais de marbre. 

L’abandonnant ici….nu. 

Je verrai le monde de l’envers, 

Emportée par mon élan,
Ainsi le ciel deviendra ma terre, 

Et le compost mon firmament.
Dans cette danse de la vie, 

Je serai une étoile….
Je tomberai vers le haut, 

Dans cette immense cathédrale 

La peau tendue de mon cœur 

Deviendra le tambour de l’humanité, 

Et mon âme bandée de couleurs 

Résonnera au chant des divinités. 

Dans ce chant de l’amour 

Je serai un son… 

Je ferai vibrer les jours 

Sur une portée de constellations. 

Soudain, plus d’arbre, ni branches, ni racines 

Plus de ciel, plus de terre, plus de limites
Je suis l’esprit qui plane sur les eaux
Et le cœur de toutes choses.
L’océan et la pierre,
La larme et le sel.
J’ai pour mémoire les couleurs
Qui ont façonné les jours de ma vie.
Le vert de ma jeunesse et des jours de folie.
Où balancée par la tempête je riais pourtant.
Le rouge de la passion quand attirée par les cimes
Je cherchais à m’élever au dessus du ponant.
L’or de ma noblesse,
Maintenant qu’enfin libérée
Je trace mon sillage… 

Prête à me déposer là où rien n’existe 

Je me découpe sur des soleils d’illusions, 

Tombée du tout, j’épouse le mythe. 

Le Nom. 

Nue de toute matière, 

Je suis celle qui caresse le vent. 

Je suis l’amour. 

Pénétrant les eaux boueuses des marais, 

Façonnant la vie : 

Je transperce le minéral et enracine l’épi, 

Je suis l’écaille qui scintille, la tourbe qui enfume, 

Le cri de l’enfant qui naît. 

Me parant de matins et de brumes 

Je courtise les reflets et les ombres de toutes formes, 

De l’infini rien à l’immense et totale 

Création. 

Un rayon de lumière un peu plus chaud 

Un peu plus doux 

Fait bailler sur la branche, 

De vertes turgescences 

Et voilà que tout d’un coup 

La vie à nouveau s’élance 

L’écrin de verdure éclate 

Et laisse entrevoir 

Une promesse vert tendre 

Fripée par tant de sommeil 

Qu’elle a du mal à se tendre 

Vers cette lumière qui l’appelle 

Et je sens dans le cœur 

De cette feuillette nouvelle 

Battre mon propre cœur 

Et mon sang et ma vie 

Car je suis à présent 

Bien plus forte bien plus belle, 

Je suis l’arbre et la feuille 

La branche et le fruit. 

 

Poème à 4 mains avec Christophe Godfriaux

Publié dans : Poèmes |le 14 juin, 2011 |Pas de Commentaires »

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