Archive pour la catégorie 'Poèmes'

Une fille à son père

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Père, 

Homme tant de fois aimé, 

Pardonné … 

 

Dieu absent du panthéon familial. 

Aventurier des terres inconnues. 

Toujours à mon chevet dans le mal, 

Mais jamais dans mon cœur à nu. 

 

Protecteur à la force intransigeante. 

Despote éclairé  sans  grand chemin. 

Père attendri à la verve exigeante, 

Le cœur emprisonné dans son poing. 

 

Homme boulimique et généreux. 

Rêveur  romantique et artiste incompris. 

Conteur  de mensonges merveilleux 

Pour tes petits – enfants déjà conquis. 

 

Epicurien hors de ta  peau, 

Tes rêves d’enfants devenus chimères, 

Sont mes plus beaux châteaux, 

Même si je les sais éphémères. 

 

Don Quichotte des causes perdues, 

Chevalier sans bannière, 

Vieux sage à la recherche de sa tribu, 

Tes combats ont fait de moi une guerrière. 

 

Athéna sortie de la cuisse de Jupiter, 

Je suis la flèche dans ton cœur. 

Je lève mon verre à ta gloire de père, 

A jamais la gardienne de tes peurs. 

 

Mon père, 

Tant aimé et admiré, 

Haï et pardonné. 

Dieu n’existe pas… 

Peu importe puisque tu es là 

 

Publié dans:Poèmes |on 19 juin, 2011 |Pas de commentaires »

L’arbre sans racine

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Je suis comme une feuille jeune et verte 

Accrochée à mon arbre. 

Un jour, il ne me retiendra plus… 

J’aurai la couleur de l’or 

Je tapisserai les palais de marbre. 

L’abandonnant ici….nu. 

Je verrai le monde de l’envers, 

Emportée par mon élan,
Ainsi le ciel deviendra ma terre, 

Et le compost mon firmament.
Dans cette danse de la vie, 

Je serai une étoile….
Je tomberai vers le haut, 

Dans cette immense cathédrale 

La peau tendue de mon cœur 

Deviendra le tambour de l’humanité, 

Et mon âme bandée de couleurs 

Résonnera au chant des divinités. 

Dans ce chant de l’amour 

Je serai un son… 

Je ferai vibrer les jours 

Sur une portée de constellations. 

Soudain, plus d’arbre, ni branches, ni racines 

Plus de ciel, plus de terre, plus de limites
Je suis l’esprit qui plane sur les eaux
Et le cœur de toutes choses.
L’océan et la pierre,
La larme et le sel.
J’ai pour mémoire les couleurs
Qui ont façonné les jours de ma vie.
Le vert de ma jeunesse et des jours de folie.
Où balancée par la tempête je riais pourtant.
Le rouge de la passion quand attirée par les cimes
Je cherchais à m’élever au dessus du ponant.
L’or de ma noblesse,
Maintenant qu’enfin libérée
Je trace mon sillage… 

Prête à me déposer là où rien n’existe 

Je me découpe sur des soleils d’illusions, 

Tombée du tout, j’épouse le mythe. 

Le Nom. 

Nue de toute matière, 

Je suis celle qui caresse le vent. 

Je suis l’amour. 

Pénétrant les eaux boueuses des marais, 

Façonnant la vie : 

Je transperce le minéral et enracine l’épi, 

Je suis l’écaille qui scintille, la tourbe qui enfume, 

Le cri de l’enfant qui naît. 

Me parant de matins et de brumes 

Je courtise les reflets et les ombres de toutes formes, 

De l’infini rien à l’immense et totale 

Création. 

Un rayon de lumière un peu plus chaud 

Un peu plus doux 

Fait bailler sur la branche, 

De vertes turgescences 

Et voilà que tout d’un coup 

La vie à nouveau s’élance 

L’écrin de verdure éclate 

Et laisse entrevoir 

Une promesse vert tendre 

Fripée par tant de sommeil 

Qu’elle a du mal à se tendre 

Vers cette lumière qui l’appelle 

Et je sens dans le cœur 

De cette feuillette nouvelle 

Battre mon propre cœur 

Et mon sang et ma vie 

Car je suis à présent 

Bien plus forte bien plus belle, 

Je suis l’arbre et la feuille 

La branche et le fruit. 

 

Poème à 4 mains avec Christophe Godfriaux

Publié dans:Poèmes |on 14 juin, 2011 |Pas de commentaires »

La chute

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Tu n’es belle que dans la chute. 

Tes cheveux sur la cambrure de tes reins, 

Quand tu reprends ta vie, 

Et que tu remontes fière vers la lumière 

En caresses lentes et créatrices…. 

Celles de l’artiste, celles de l’amour. 

 

Tu tombes, tu souffres, tu pleures. 

Ta peine sculpte la matière de formes divines, 

Et de  tes veines gonflées par l’effort, 

Tu étreins l’œuvre de tes mains d’albâtre 

Sur ton corps épuisé et en sueur, 

Transi d’amour et de désir. 

 

Ta poitrine explose du souffle retenu. 

Le burin de marbre explose la veine offerte, 

Et jailli l’improbable sursis de l’âme créatrice. 

L’œuvre dessinée par tes larmes, 

Par ton sang et tes combats perdus. 

Celle qui te révèle, ta chute. 

Publié dans:Poèmes |on 10 juin, 2011 |Pas de commentaires »

La haine

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Ô marécage nauséabond de ma haine 

Que j’aime me répandre dans ta « gerbe » 

Tu me fais vomir mon amour sale. 

Toi ma puissance, ma seule incandescence, 

Ma seule compagne de guerres vaines 

Dans cette vie d’amour fat! 

Qu’ont-ils à s’aimer, eux ! 

C’est sots qui ne me regardent plus 

Ces chantres de la vie, 

Sacrifiant leurs solitudes béantes 

A des ébats burlesques ! 

Petits meurtres en pointillés, 

Et perfusions de vinasses amères. 

Moi, le prophète de ma décadence, 

Seul visionnaire de leur banalité, 

Je sens monter en moi, 

La toute puissance du guerrier malade, 

Souffle toxique de la blessure, 

Que je m’inflige sous leurs yeux …. 

 

Publié dans:Poèmes |on 10 juin, 2011 |Pas de commentaires »

L’insoumise

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Lambeaux de chair brune tatouée de Lune, 

Echine sauvage parcourue de tresses obscures, 

Regard d’acier trempé d’amour. 

Muscles bandés de trop de solitude, 

L’insoumise pénètre dans la clairière du temple. 

 

Un corps élancé, ciselé d’ombres guerrières, 

Lèvres noires épousant la blancheur carnacière, 

Port de vestale aux seins d’or. 

Pas lourds de toute son humanité, 

Elle s’offre libre et fière à l’autel du sacrifice. 

 

Le vêtement blanc caresse son corps fiévreux, 

Sa chevelure écrase la fine cambrure de ses reins, 

Ses yeux gris se troublent, 

Corps lourd de tant d’errances. 

Elle abandonne docile la gorge révoltée d’une reine. 

 

Publié dans:Poèmes |on 10 juin, 2011 |Pas de commentaires »

Incan-des-sens

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Le voile de ma pudeur

L’esquisse de tes désirs

Ton regard, ma respiration

Rimes effleurées en longs soupirs

Incandescence de l’espace

Entre nos deux bouches

Tension avouée et indécente

De nos corps observés.

La caresse de ma douleur

L’ombre de ton amour

Ta haine, mes larmes

Rimes cisaillées en longue agonie

Evanescence de l’espace

Entre nos deux corps

Etreinte interdite et consciente

De nos cœurs séparés.

 

Publié dans:Poèmes |on 10 juin, 2011 |Pas de commentaires »

Cœur éventré

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Cœur éventré,

Je projette des maux d’amour

Sur des rimes entoilées.

La gouache se colle à mes cils,

Mes larmes lessivent le ton

De l’enduit subtil.

La lumière se joue de moi

Dans mes ocres rouges,

Et mes bleus froids.

Du couteau

J’ancre la matière,

Du pinceau

J’ombre les chimères.

L’angle opalescent m’éblouit,

Blessante lumière

Sur mon âme en fouillis.

De toutes mes ailes tendues

Je mendie alors l’encre noire

De l’oiseau mise à nu.

 

 

Publié dans:Poèmes |on 8 juin, 2011 |Pas de commentaires »

Douce liqueur de fiel

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Douce liqueur de fiel, ma meilleure ennemie. 

Partenaire fidèle de mes solitaires orgies. 

Distille ton nectar langoureux dans mes veines, 

Disperse mon esprit de tes effluves malsaines. 

 

Coule en flots vermeils dans mes entrailles, 

Ronge délicieusement mes organes qui défaillent. 

Réchauffe-moi de ton poison de sombre éternité, 

Berce-moi dans tes bras maternels et sans pitié. 

 

Viens, viens, repais-toi de ma solitude. 

Allège-moi de vaines et torves vicissitudes. 

Envahis goulûment ce trop plein de vide, 

En embaumant mon corps de ce doux liquide. 

 

Courtise ma déchéance de prince mendiant. 

Enchaîne-moi enfin dans tes cachots délirants. 

Là où tous mes désirs éthyliques combattent, 

Là où toutes mes envies mystiques se débattent. 

 

Transporte moi jusqu’aux confins du dégoût. 

Jusqu’au dégoût de soi-même, au dégoût de tout… 

Là où la colère te fait vomir ta chair-naissance, 

Là où le cancer fait pourrir ta chair rance. 

 

Libère moi de cette alliance biblique sans fin, 

Brise les chaînes infernales de cet esclavage divin. 

Fleurte dans l’ivresse avec la putain de la vie, 

Et meurs enfin de son doux venin de paradis. 

 

Publié dans:Poèmes |on 8 juin, 2011 |Pas de commentaires »

Courbes

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Courbe de dune dorée sous la chaleur de mon sein, 

Ta main lentement raffermit chaque grain nourri de ton désir. 

Langue de feu d’un soleil d’orient qui couvre mon ventre, 

Sculptant le temple de l’Aga qui s’évanouit sous le croissant fertile, 

J’abandonne  mon oasis assoiffée à tes assauts diluviens. 

Là où le lit de l’amour creuse ce couchant en caresses. 

 

Un souffle  chaud aux parfums d’or et de santal m’enlève, 

Tes lèvres humides s’imprègnent de ma peau sauvage, 

Et nos gémissements s’unissent au chant de l’arc de lune, 

Bandé  à l’unisson de nos courbes étreintes et ombres mêlées. 

La voûte  ronde de Maât  s’étoile de lumière et d’argent, 

M’éblouissant de tes yeux noirs et de ta peau d’ébène. 

 

Mes courbes défendues emprisonnent tes muscles saillants, 

Nos corps transis rythment le tambour de nos cœurs, 

Le fleuve épouse la terre de son limon fertile et sacré, 

Et la cambrure de mes reins s’alourdit de ta jouissance de prince. 

Esclave sans maître, vestale sans temple je m’alanguis, 

Te désirant toujours d’une faim inassouvie et souveraine. 

 

Le serpent de nos ébats se love sous la roche encore fraîche, 

Abandonnant ton bras lourd à la chaleur de ma hanche féconde. 

Ton sommeil m’ouvre les méandres d’un fleuve d’azur infini, 

Et libère mon corps d’une aube blanche et sereine. 

Sans un regard vers toi, je dévale les dunes ensoleillées d’ocre, 

Souriante et belle, en effleurant la courbe d’un fruit en promesse. 

 

 

Publié dans:Poèmes |on 7 juin, 2011 |Pas de commentaires »

Epine de rose

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Chaque épine transperce le cœur 

De cet amour au parfum de roses fanées. 

Bouquet désuet d’un seul bonheur, 

Unique, sincère, et tant inespéré. 

 

Un linceul de pétales rouge sang 

Recouvre la princesse aux pieds nus. 

Robe blanche en corolle de printemps. 

Sa main se tend, l’épine tue. 

 

Un pétale solitaire chante la trahison. 

Il se penche, croyant savoir l’éblouir. 

Caresses de soie sur ce visage sans nom, 

Il se jette dans l’abîme de son sourire. 

 

L’épine de rose darde comme un soleil. 

Lame ensanglantée de la réalité, 

Elle transforme en couronnes vermeilles 

Les frêles tiges de l’innocence décapitée. 

 

Publié dans:Poèmes |on 7 juin, 2011 |Pas de commentaires »
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